Retrouvez ci-dessous un extrait de mon interview réalisé dans le cadre de la commémoration de l’assassinat de l’ancien Premier Ministre congolais Patrice Emery Lumumba, à la une aujourd’hui dans le média 54 etats.

“Assassiné le 17 janvier 1961 à fleur d’âge par la CIA avec la bénédiction de la Belgique, Patrice Emery Lumumba, le tout premier Premier ministre du  Congo indépendant nourrissait un rêve pour son pays. Un rêve qu’il n’a pas su traduire dans son “Mein kampf” à lui, mais qu’il a étalé dans sa dernière lettre rédigée alors qu’il était en détention…quelques jours avant son assassinat. 57 après, que devient l’héritage de Lumumba ? Séquence interview avec un jeune député national du courant lumumbiste.

 

Henry Mbuyi : Patrick Muyaya, vous êtes cadre du Parti Lumbiste Unifié (PALU) et député élu de Kinshasa. Pour vous, qu’est-ce que la jeunesse doit retenir aujourd’hui du combat de Lumumba, 57 ans après son assassinat ?

Patrick Muyaya : La journée du 17 janvier 1961 est d’abord une journée triste. C’est le jour où le Premier ministre Patrice Emery Lumumba a été sauvagement assassiné. De ce jour-là, il ne reste que des réminiscences amères. 57 ans plus tard, le ressenti de la déchirure n’est plus aussi intense qu’au moment des faits et cela est dû à la transformation opérée de ce Premier ministre que nous avons érigé en héros. Héros de la nation, patriote, amoureux du peuple.

“17 janvier 1961 (…) le Premier ministre du Congo, Patrice Emery Lumumba a été sauvagement assassiné”

Au prix du sang, Lumumba a cher payé pour que le pays arrive à son indépendance… il a payé le prix fort dans la lutte contre les colonisateurs. Je crois qu’aujourd’hui, pour chaque congolais, le nom de Lumumba évoque cette capacité ou cette force que nous pouvons développer pour lutter contre toutes les forces qui veulent nous priver de jouir pleinement de notre pays.

Henry Mbuyi : Au regard de l’évolution de toute la situation : économique, sociale, politique, pouvons-nous affirmer que la lutte menée par Lumumba et ses compagnons a porté ses fruits ?

Patrick Muyaya : Oui, parce que d’abord nous sommes indépendants. C’est la première chose, vue sous l’angle politique. Mais la vérité est que le rêve de Patrice Emery Lumumba tarde à s’accomplir : voir un Congo beau.

“L’avenir du Congo est beau”, affirmait-il. 57 ans plus tard, on ne serait pas en train de cogiter sur l’organisation des élections qui plombe pratiquement toute la situation politique. 57 ans plus tard, le Congo devrait être ce pays modèle de l’Afrique qui rayonne, qui offre des solutions aux pays limitrophes, et au reste du monde. De ce point de vue-là, nous n’avons pas encore réussi à mettre en pratique le rêve de Lumumba. Moi, je suis de ceux qui pensent que nous allons y arriver et que tout ce qui se passe pour l’instant s’apparente à une crise de maturation inhérente à l’évolution de chaque peuple. Bientôt, j’ose croire que les vœux de Lumumba seront exaucés.”

 

L’intégralité de l’article ici 

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